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Quelles sont les erreurs les plus fréquentes lors d’un audit PSDM ?

La certification PSDM est aujourd’hui un enjeu stratégique pour tous les Prestataires de Services et Distributeurs de Matériels. Elle conditionne directement l’accès au remboursement des dispositifs médicaux par l’Assurance maladie, dès lors que ces produits figurent sur la LPPR et sont délivrés sur prescription.

Depuis la publication du référentiel des bonnes pratiques professionnelles par la Haute Autorité de Santé (HAS) le 18 juin 2024, les acteurs du secteur disposent d’un cadre clair pour structurer leur activité, sécuriser leurs prestations et s’inscrire dans un véritable processus de certification.

Cependant, entre la lecture du référentiel et sa mise en œuvre opérationnelle, des écarts subsistent. Lors d’un audit de certification, certaines non-conformités reviennent régulièrement et peuvent compromettre l’obtention de la certification.

Dans cet article, nous analysons les erreurs les plus fréquentes lors d’un audit PSDM, ainsi que les bonnes pratiques pour les éviter et sécuriser votre démarche.

Qu’évalue un audit PSDM ?

Un cadre réglementaire strict

La certification des prestataires de services trouve son origine dans la loi de financement de la Sécurité sociale (LFSS) pour 2021, qui a mandaté la HAS pour élaborer un référentiel des bonnes pratiques professionnelles.

Publié le 18 juin 2024 et inscrit au Journal officiel début 2025, ce texte est désormais la référence sur laquelle s’appuie tout audit officiel.
Le décret n°2026-178 du 11 mars 2026 a précisé les modalités du processus de certification. L’obligation est attendue courant 2026.

Passé ce délai, les prestataires de matériel médical non certifiés ne pourront plus facturer ni être remboursés par la Sécurité sociale.
Un point important : seuls les organismes certificateurs accrédités ISO 17065 par le Cofrac sont habilités à délivrer la certification PSDM. C’est cette accréditation qui garantit la rigueur et la reconnaissance institutionnelle du processus de certification.

CAPCERT (accréditation n°5-0638) fait partie de ces organismes.

Les 4 chapitres du référentiel HAS

Lors d’un audit PSDM, l’auditeur se base sur le référentiel publié par la Haute Autorité de Santé (HAS) pour évaluer la conformité du prestataire ou du distributeur.
Ce référentiel compte 60 critères répartis en quatre chapitres principaux, chacun couvrant des domaines essentiels pour garantir la qualité des services et des produits.

Voici une présentation des quatre chapitres clés que l’auditeur va examiner :

Chapitre 1 : Éthique, droits et satisfaction de l’usager

L’usager est au centre. L’auditeur vérifie que l’information délivrée est claire, que le consentement est recueilli correctement et que la confidentialité des données est respectée à chaque étape.

Chapitre 2 : Distribution du matériel et réalisation de la prestation

Ce chapitre couvre la gestion des dispositifs médicaux dans leur globalité : de la commande à la livraison, en passant par la formation de l’usager à l’utilisation du matériel et la traçabilité à chaque étape.

Chapitre 3 : Fonctions support

Un chapitre concret, qui porte sur les conditions réelles de travail : locaux, désinfection, gestion des déchets, maintenance du matériel, formation du personnel, système d’information.

Chapitre 4 : Qualité et gestion des risques

L’auditeur s’intéresse ici à la façon dont le prestataire identifie, gère et suit les risques liés à son activité : incidents, matériovigilance, autorisations réglementaires, plan de continuité.

cycle référentiel has

Les 6 erreurs les plus fréquentes lors d'un audit PSDM

Lors d’un audit PSDM, il est essentiel de respecter les exigences du référentiel de la Haute Autorité de Santé (HAS) afin de garantir la conformité et l’obtention de la certification. Cependant, plusieurs erreurs peuvent survenir, compromettant les résultats de l’audit. Voici les 6 erreurs les plus courantes :

Erreur n 1 : une gestion documentaire incomplète ou mal tenue

C’est probablement la source de non-conformité la plus répandue. L’auditeur travaille à partir de preuves écrites : procédures internes, fiches de poste, enregistrements, comptes rendus. Si ces documents n’existent pas, ne sont plus à jour ou sont difficiles à retrouver le jour de l’audit, ils ne peuvent tout simplement pas être pris en compte.

La situation la plus courante n’est pas l’absence totale de documentation, mais une gestion documentaire qui s’est construite au fil du temps, sans logique d’ensemble. Des procédures internes rédigées mais jamais relues depuis deux ans, des mises à jour faites en pratique mais jamais transcrites à l’écrit, un classement qui rend la recherche laborieuse : autant de situations qui fragilisent un dossier pourtant solide sur le fond.

Erreur n 2 : une traçabilité des dispositifs médicaux insuffisante

La gestion des dispositifs médicaux est soumise à des exigences de traçabilité strictes. L’auditeur doit pouvoir reconstituer le parcours complet d’un produit : depuis sa réception jusqu’à son utilisation chez l’usager, en passant par le stockage et la distribution.

C’est directement lié à la sécurité des prestations.

Des numéros de série non enregistrés, un système d’identification des produits peu fiable, des bons de livraison non archivés ou un système de gestion qui ne permet pas de retracer l’historique d’un produit : ces lacunes constituent des non-conformités au chapitre 2. Ce type d’erreur est d’autant plus dommageable qu’elle touche à la sécurité concrète des usagers. Ce que l’auditeur a précisément pour mission de vérifier.

Erreur n 3 : Des lacunes dans la formation du personnel

La formation du personnel ne se limite pas à l’intégration d’un nouveau collaborateur. Le référentiel attend une logique de maintien des compétences dans le temps, documentée et vérifiable. L’auditeur contrôle les qualifications de chaque membre de l’équipe, les attestations disponibles, et la cohérence entre les missions exercées et les formations suivies.

Ce qui pose souvent problème, c’est l’absence d’un plan de formation structuré, des habilitations non renouvelées, ou des compétences qui ont évolué sans que la documentation ait suivi. Un collaborateur peut tout à fait être qualifié dans les faits, mais si aucune trace écrite ne le confirme, l’auditeur ne peut pas en tenir compte. C’est ici que les normes de qualité attendues par le référentiel prennent tout leur sens.

Erreur n 4 : Un non-respect des droits et de l’information de l’usager

Le chapitre 1 est souvent sous-estimé dans la préparation à l’audit. Pourtant, il couvre des points essentiels : la qualité de l’information délivrée à l’usager, les procédures de notification en cas d’incident, la traçabilité du consentement, et plus largement la communication entre partenaires (prestataire, usager, et prescripteur).

Des formulaires de consentement non signés, une information sur le matériel insuffisante ou non tracée, des données personnelles mal protégées : ces écarts sont fréquents et concernent directement les droits des personnes prises en charge.

L’auditeur y accorde une attention particulière, notamment parce que ce chapitre conditionne la confiance des usagers envers le prestataire.

Erreur n 5 : Une gestion des déchets non conforme (critère 3.5.1)

La gestion des déchets médicaux, et en particulier des DASRI (déchets d’activités de soins à risques infectieux) est encadrée par une réglementation précise.

Le référentiel HAS exige que les procédures de tri, de stockage et d’élimination soient formalisées et effectivement appliquées sur le terrain.

Ce qui se passe souvent : les pratiques sont correctes, mais aucune procédure écrite ne les formalise. Or, l’auditeur évalue ce qui est documenté. Sans écrit, pas de preuve. Si ce point n’est pas couvert, un plan d’actions correctif sera demandé à l’issue de l’audit, ce qui peut retarder l’obtention de la certification.

Erreur n 6 : Des locaux et un système d’information non conformes

Les locaux font l’objet d’une visite physique lors de l’audit. L’auditeur vérifie les conditions réelles : accessibilité, zones de stockage, respect des exigences d’hygiène, sécurisation des accès. Le système d’information est lui aussi passé en revue, notamment sous l’angle de la protection des données des usagers et de la fiabilité des sauvegardes.

C’est un aspect souvent négligé dans la phase de préparation, car il implique parfois des investissements ou des ajustements organisationnels.

L’évolution du référentiel suit les exigences réglementaires en matière de données de santé, et les prestataires doivent veiller à maintenir leur système d’information à jour. Un écart constaté ici peut entraîner une non-conformité majeure.

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Comment se préparer sérieusement à un audit PSDM ?

Pour garantir la réussite de votre audit PSDM et éviter les erreurs fréquentes, il est essentiel de mettre en place des pratiques rigoureuses et des processus bien structurés. Voici quelques bonnes pratiques à adopter.

Commencer par un audit interne

Avant l’audit externe officiel, un audit interne permet de faire un état des lieux honnête : quels critères du référentiel HAS sont couverts, lesquels ne le sont pas encore, et ce qu’il faut prioriser. C’est à partir de cet état des lieux que peut se construire un plan d’actions réaliste et planifié.

Cette étape est précieuse parce qu’elle permet d’agir avant que l’auditeur ne constate les écarts. La mise en conformité sur certains points peut prendre plusieurs semaines — la gestion documentaire, en particulier, ne se rattrape pas en quelques jours.

Structurer sa gestion documentaire

Procédures internes, fiches de poste, attestations de formation du personnel, registres de traçabilité : tous ces documents doivent être à jour, cohérents entre eux et facilement accessibles. Un système de gestion documentaire bien structuré est ce qui permet à l’auditeur de travailler efficacement  et c’est aussi ce qui reflète le sérieux de la démarche.

Former les équipes au référentiel des bonnes pratiques professionnelles

Chaque membre de l’équipe doit comprendre ce que le référentiel attend dans son périmètre de responsabilité. La formation du personnel ne peut pas se résumer à une session unique : elle doit s’inscrire dans la durée, avec des mises à jour régulières au fil de l’évolution du référentiel. C’est cette continuité qui garantit la sécurité des prestations au quotidien.

Choisir un organisme certificateur accrédité Cofrac

Le processus de certification PSDM ne peut être conduit que par des organismes certificateurs accrédités ISO 17065 par le Cofrac. Cette accréditation n’est pas un détail : elle garantit que l’audit officiel est mené selon une méthodologie rigoureuse et reconnue par les autorités de santé.

CAPCERT (accréditation n°5-0638) réalise ces audits dans le strict respect du référentiel HAS et des exigences du Cofrac.

En résumé

Un audit PSDM porte sur 60 critères qui touchent à tous les aspects de l’activité : gestion des dispositifs médicaux, formation du personnel, droits des usagers, gestion documentaire, locaux, système d’information. Les erreurs les plus fréquentes ne sont pas liées à une méconnaissance du référentiel, mais à des écarts entre ce qui se fait sur le terrain et ce qui est formalisé par écrit.

Avec l’obligation de certification attendue courant 2026, les Prestataires de Services et Distributeurs de Matériels qui engagent leur démarche dès maintenant, audit interne, plan d’actions, mise à jour de la documentation, se donnent les meilleures conditions pour aborder la procédure de certification sereinement.

Vous avez des questions sur le déroulement d’un audit PSDM avec CAPCERT ? Contactez-nous pour toute demande d’information.

Questions fréquentes sur l'audit PSDM

Qui peut réaliser un audit officiel PSDM ?

Seuls les organismes certificateurs accrédités ISO 17065 par le Cofrac sont habilités à mener ces audits officiels et à délivrer la certification PSDM. CAPCERT dispose d’une accréditation ISO 17065 (accréditation n°5-0638) et se tient prêt pour demander l’accréditation sur le référentiel PSDM.

Le référentiel des bonnes pratiques professionnelles compte 60 critères organisés en 4 chapitres. Il a été publié par la HAS le 18 juin 2024.

La certification est valable 4 ans maximum. Des audits de surveillance intermédiaires permettent de vérifier le maintien de la conformité entre un cycle et le suivant.

Le décret n°2022-196 du 11 février 2022 a posé les bases réglementaires. L’obligation est attendue courant 2026, avec un délai de mise en conformité de 18 mois pour les prestataires déjà en activité.

Un prestataire qui n’a pas obtenu sa certification dans les délais ne pourra plus être remboursé par la Sécurité sociale pour les produits et prestations figurant sur la Liste des Produits et Prestations Remboursables (LPPR).

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